Artaix : Le Passage de la Loire
Pendant des millénaires, franchir la Loire à Artaix fut un défi technique et un enjeu financier. Du bac ancestral au pont moderne, voici l'histoire d'un trait d'union entre deux rives.
L'époque du Bac : Un lien vital
Avant la construction du pont, la traversée s'effectuait par un bac. Ce n'était pas un simple bateau, mais un service public réglementé.
* Le fonctionnement : Le bac était une grande plateforme capable de transporter hommes, animaux et charrettes. Il était souvent guidé par un câble (une "traille") tendu entre les deux rives pour résister au courant.
* L'emplacement : Le bac reliait le port d'Artaix à la rive gauche. C'était un point de passage stratégique pour les marchands et les habitants du Brionnais souhaitant se rendre en direction de Roanne ou de la Loire.
* Une source de revenus : Comme le port, le passage du bac était payant. Le droit de passage était souvent affermé (loué) par le Seigneur ou le Roi à un "passager" (le batelier) qui percevait les taxes.
Les dangers de la traversée
Traverser la Loire n'était pas sans risque. Les archives témoignent des difficultés rencontrées par les bateliers :
* Les crues : Lorsque le fleuve était en colère, le passage devenait impossible et Artaix se retrouvait isolé de la rive gauche.
* Les étiages : En été, le manque d'eau pouvait bloquer le bac sur les bancs de sable.
* Les accidents : La force du courant a parfois provoqué des ruptures de câbles, rendant la traversée périlleuse.
L'arrivée du Pont sur Chambilly à 5km au nord d'Artaix : Une révolution
1838 - La construction d'un pont sur chambilly a marqué la fin de l'ère des bateliers et le début de la modernité pour Artaix.
* Le désenclavement : Le pont a permis une circulation permanente, de jour comme de nuit, peu importe le niveau de la Loire.
* L'impact économique : Il a facilité le transport des marchandises à plus grande échelle, remplaçant la lenteur du bac par la rapidité du passage terrestre.
Il s'agissait du premier pont à câble sur la Loire :
Le décret royal autorisant sa construction fut publié le 13 mai 1836.
Le pont suspendu à péage fut mis en service le 17 septembre 1838.
Il était composé de plusieurs arches et d'un tablier en bois soutenu par de gros câbles métalliques.
Une petite maisonnette s'élevait du côté de Chambilly pour loger le gardien chargé de percevoir les redevances (péage).
La concession fut rachetée par l'État en 1891.
Cet ouvrage fut détruit et un nouveau pont fut construit en 1913.
> CONSEIL PHOTO : Placez ici une photo de votre pont actuel vue depuis les berges ou, mieux encore, une carte postale ancienne montrant le pont au début du XXe siècle.
Un patrimoine à préserver
Aujourd'hui, si le bac a disparu, les traces du port nous rappellent qu'Artaix a toujours été un carrefour, une main tendue entre la Bourgogne et les terres d'Outre-Loire.